« Je ne fais pas les mises à jour, j'ai peur que ça casse. » Cette phrase, je l'entends chaque mois. Elle part d'une intuition juste. Pourtant, elle mène à la pire des situations.
Le risque que tout le monde voit
Une mise à jour peut effectivement casser quelque chose. Une extension mal écrite, un thème ancien, deux greffons qui se disputent : le site s'affiche en blanc. La journée est fichue.
Ce risque est réel. Il est même fréquent sur les sites très chargés en extensions. On a donc raison de s'en méfier.
Le risque que personne ne voit
Mais il y a l'autre. Celui qui ne prévient pas.
Quand une faille est corrigée dans WordPress, la correction est rendue publique. Le détail du problème l'est aussi. L'équipe de sécurité de WordPress documente d'ailleurs ce fonctionnement sans rien cacher.
À partir de cet instant, n'importe qui sait quoi attaquer. Et sur quelle version.
Les robots ne cherchent pas votre site. Ils parcourent le web et testent les failles connues, une par une, sur tout ce qu'ils croisent.
Un site laissé six mois sans mise à jour n'est donc pas « un peu en retard ». Il devient une cible identifiée, avec un mode d'emploi disponible.
Ce qui se passe vraiment quand un site est compromis
On imagine une page noire et un message de pirates. C'est rare, car c'est contre-productif pour l'attaquant.
La réalité est bien plus discrète. Du code est ajouté dans un fichier, ou dans la base de données. Les visiteurs venus de Google sont alors redirigés ailleurs. Vous, non : les visiteurs connectés et les accès directs sont volontairement épargnés.
Résultat, le site vous paraît normal pendant des semaines. Vous l'apprenez quand Google affiche son avertissement rouge. Ou quand un client vous appelle.
Alors, on met à jour ou pas ?
On met à jour. Mais pas n'importe comment.
1. Sauvegarder d'abord
Une sauvegarde qu'on ne sait pas restaurer ne compte pas. Testez donc la restauration une fois, tranquillement, avant d'en avoir besoin.
2. Séparer le cœur des extensions
Les extensions changent souvent et cassent rarement. Le cœur de WordPress demande davantage d'attention, surtout entre deux versions majeures. La documentation officielle détaille chaque cas.
3. Regarder le site après
C'est l'étape que tout le monde saute. Une page d'accueil, une fiche produit, un tunnel de commande : trois minutes suffisent. Elles repèrent la grande majorité des dégâts.
4. Exclure ce qui est sensible
Certaines extensions structurantes méritent d'être mises à jour à la main. Un thème payant très personnalisé, par exemple. Vous choisissez alors le moment.
Le vrai arbitrage
La question n'est pas « mise à jour ou pas ». Elle est ailleurs. Préférez-vous un risque visible et réparable, ou un risque invisible et durable ?
Une mise à jour qui casse se voit tout de suite. Vous restaurez, vous cherchez le coupable, vous repartez. C'est désagréable. C'est surtout borné.
Un site compromis, lui, travaille contre vous en silence. Votre référencement s'abîme, votre réputation aussi. Parfois, les données de vos clients partent avec. Et le nettoyage coûte toujours plus cher que la prévention.
Vous ne voulez plus y penser ? Le module Mises à jour automatiques applique les mises à jour chaque semaine. La santé du site est contrôlée juste après, et un rapport vous est envoyé.
Vous préférez que quelqu'un s'en occupe entièrement ? L'hébergement WordPress géré et les formules d'abonnement Packweb couvrent le site complet.
Enfin, si vous tenez une boutique, le formulaire de rétractation est l'autre point qu'on repousse trop souvent. Il est pourtant obligatoire.